Artemis II : la NASA valide une répétition générale clé avant le lancement
La NASA a franchi une étape importante dans la préparation de la mission Artemis II en menant avec succès, tôt mardi matin, une répétition générale en conditions réelles au Centre spatial Kennedy. Cet essai grandeur nature a permis de tester l’ensemble des opérations critiques précédant un lancement, notamment le chargement du propergol cryogénique dans les réservoirs du Space Launch System (SLS), la préparation finale du vaisseau Orion, puis la vidange sécurisée de la fusée.
Cette répétition générale, menée sur deux jours, visait à alimenter la fusée comme lors d’un véritable lancement et à identifier d’éventuels problèmes techniques avant le vol d’essai. Malgré plusieurs difficultés rencontrées, les ingénieurs ont atteint la majorité des objectifs fixés, confirmant la robustesse globale des procédures.
Des défis techniques maîtrisés
Les opérations ont toutefois été ralenties par des conditions météorologiques particulièrement froides en Floride. Les basses températures ont retardé le démarrage du remplissage des réservoirs, certaines interfaces devant d’abord atteindre des seuils thermiques acceptables. Lors du chargement, une fuite d’hydrogène liquide au niveau d’une interface alimentant l’étage central a nécessité plusieurs heures de travail. Les équipes ont interrompu l’arrivée de propergol, laissé les joints se réchauffer afin qu’ils se repositionnent correctement, puis ajusté le débit pour poursuivre les opérations.
Malgré ces contretemps, l’ensemble des réservoirs de l’étage central et de l’étage de propulsion cryogénique intérimaire a été rempli avec succès. Une équipe de cinq personnes a ensuite été envoyée sur le pas de tir pour finaliser les opérations de fermeture du vaisseau Orion. Un premier test du compte à rebours terminal a même été réalisé jusqu’à environ cinq minutes du décollage simulé, avant qu’une nouvelle augmentation du débit de fuite d’hydrogène n’entraîne l’arrêt automatique de la séquence par le système de lancement au sol.
Ajustements et améliorations avant le vol
Outre les fuites d’hydrogène, une vanne récemment remplacée, liée à la pressurisation de l’écoutille du module d’équipage d’Orion, a dû être resserrée. Les opérations de fermeture ont également pris plus de temps que prévu. Le froid a affecté plusieurs caméras et équipements, sans empêcher la poursuite des tests, mais il aurait exigé une vigilance accrue le jour du lancement. Enfin, des coupures intermittentes des communications audio au sol, déjà identifiées les semaines précédentes, se sont reproduites durant l’essai.
Les équipes ont néanmoins pu tester de nouvelles procédures de sécurité, notamment la purge des cavités du module de service d’Orion avec de l’air respirable plutôt qu’avec de l’azote gazeux, afin de garantir la sécurité du personnel opérant dans la salle blanche lors de l’installation de l’équipage.
Un lancement désormais envisagé en mars
Afin de laisser le temps d’analyser en détail les données recueillies et de procéder à une seconde répétition générale, la NASA vise désormais le mois de mars comme première fenêtre de lancement possible pour Artemis II. Ce report implique également la levée de la quarantaine entamée le 21 janvier à Houston par les astronautes. L’équipage sera de nouveau placé en quarantaine environ deux semaines avant la prochaine tentative de lancement.
La sécurité des astronautes demeure la priorité absolue de l’agence, pour garantir le retour sain et sauf de Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch pour la NASA, ainsi que de l’astronaute canadien Jeremy Hansen, à l’issue de cette mission historique.
Les premiers résultats de cette répétition générale seront présentés par les responsables de l’agence lors d’une conférence de presse diffusée en direct sur la chaîne YouTube de la NASA, marquant une nouvelle étape vers le retour de l’humanité sur la voie de la Lune.